Pseudosciences

Aleksandr Shitik
Aleksandr Shitik

J’écris mes propres articles et livres, et je fais des critiques de films et de livres. Expert en cosmologie et astronomie, informatique, productivité et planification.

Pseudosciences

Les filles, là, ça va faire mal. Nous allons parler des pseudosciences, et pour une raison quelconque c'est vous qui êtes le plus enclines à y croire. Il y a en général beaucoup de pseudosciences, mais parlons de la plus importante et de celle qui influence le plus les esprits (ou leur absence) des gens. Parlons d'astrologie.

Dites-moi, combien font 2 + 2 ? Si vous savez lire, vous savez très probablement compter aussi, et vous direz que cela fait 4. Pour vous, c'est évident, vous le savez avec certitude. Pour un enfant à la maternelle, non. Il va réfléchir, se mettre à compter sur ses doigts, douter de la réponse. Il ne le sait certainement pas. J'aime donner encore un exemple. Il touche à mon travail et au thème de la programmation, mais je suis sûr qu'une analogie semblable peut être faite dans presque n'importe quel métier. Vous terminez un établissement d'enseignement dans votre spécialité, vous écrivez du code, le programme fonctionne et aide vraiment quelqu'un, en lui facilitant la vie. Le temps passe et, à mesure que vous montez en compétence dans vos savoirs théoriques professionnels et que vous accumulez de l'expérience, quelque 5 ans plus tard vous ouvrez ce même code et vous en avez très honte. Maintenant, vous n'auriez jamais écrit un tel code : il n'est pas sûr, on peut facilement le pirater, il ne se lance que sur certains systèmes d'exploitation, et apporter des modifications au code et le maintenir est difficile. Quel imbécile l'a écrit ? Ah, c'était moi ! Mais que s'est-il passé pendant ces 5 ans ? Je suis devenu plus expérimenté dans toutes les compétences théoriques et pratiques, et maintenant il m'est évident que ce code est affreux. Exactement aussi évident qu'il vous est évident que 2 + 2 égale 4. Avouez-le, architectes, artistes, musiciens et gens d'autres métiers et domaines : ce sentiment vous est-il familier ? Vous est-il arrivé d'avoir honte de montrer à quelqu'un vos créations d'il y a 5 à 10 ans ? Je pense que oui, et maintenant, alors que vous êtes plus intelligent que votre moi d'autrefois, cela vous est évident.

Avec l'astrologie, en réalité, les choses se présentent exactement de la même façon. Une personne qui, premièrement, s'y connaît ne serait-ce qu'un peu en sciences exactes (physique et astronomie), et le cours de l'école suffit amplement, et, deuxièmement, possède une pensée critique, est capable de comprendre que l'astrologie est un délire des plus grossiers. Pour moi, cela est aussi évident que pour les adultes il est évident que 2 + 2 égale 4. Mais la majorité des gens, sur cette question, restent quand même ces mêmes enfants de maternelle qui hésitent à reconnaître l'astrologie comme une pseudoscience, qui tentent même de donner une chance aux astrologues ou, ce qui est encore pire, croient à l'astrologie et aux horoscopes.

Pourquoi les gens croient-ils à l'astrologie ? En bref, comme je l'ai déjà écrit plus haut, il leur manque des connaissances en sciences exactes, et il leur manque aussi la logique pour se mettre à chercher par eux-mêmes les incohérences entre l'astrologie et les connaissances modernes sur la structure de l'Univers. Et aussi parce que sur la Première chaîne passe une émission de divertissement, « Allons nous marier », où une femme, en tout sérieux, dresse des cartes de compatibilité d'un couple. Car sur une chaîne fédérale on ne peut pas mentir, n'est-ce pas ? Surtout dans un contenu de divertissement ? N'est-ce pas ainsi ? Ou bien le peut-on quand même ? De ces « et encore », on peut en trouver infiniment. Si bien que l'astrologie a rempli toutes les niches possibles, de la télévision à internet, et cela n'a rien d'étonnant, puisqu'il n'y a pas d'organes au niveau de l'État qui réguleraient cela. Et puis il se trouvera encore des idoles célèbres avec des millions d'abonnés qui, dans un moment difficile, se sont tournées vers des astrologues pour demander de l'aide. Ce sont des gens connus et faisant autorité pour vous, n'est-ce pas ? Et s'ils sont connus et font autorité, et en plus riches, alors ils ont probablement vu la vie sous différents angles, gagné leur vie, et cela veut dire qu'on peut les croire. Mais personne ne se pose la question du fait qu'ils ont gagné leur vie et sont devenus populaires non pas grâce à la logique, mais grâce à d'autres compétences : la musique, les tournages dans des films ou, ce qui est encore pire, le contenu vidéo sur internet. Au total, l'astrologie est très populaire dans le monde et pratiquement impossible à éradiquer.

En règle générale, dans la version simplifiée, on entend le plus souvent par astrologie l'influence des corps célestes sur une personne, ou bien les relations entre les personnes (là encore sur la base de la position des corps célestes, puisque la date de naissance et, surtout, le mois influencent beaucoup cela selon la logique de gens qui, en réalité, n'ont pas de logique).

Nous passerons en revue les deux mythes : celui de l'influence des corps célestes et celui des relations. Bien que le second aille plutôt comme une conséquence du premier, nous ne nous arrêterons donc pas longtemps sur le second.

La logique des astrologues consiste en ceci qu'il existe une certaine force mystérieuse qui, à partir de la position des corps célestes, influence fortement nos destins et nos caractères. Beaucoup ont sûrement entendu comment les astrologues aiment mêler Jupiter, Mars, Neptune et d'autres objets du Système solaire. Eh bien, arrêtons-nous ici plus en détail.

Dans le monde, il existe quatre types de forces, ou plutôt d'interactions :
- électromagnétiques,
- fortes (responsables de la liaison des particules dans les noyaux),
- faibles (responsables de la désintégration des particules),
- gravitationnelles.

L'interaction forte et l'interaction faible se manifestent à des échelles infimes, par exemple dans les atomes, il n'y a donc pas de sens à les examiner. Restent l'interaction gravitationnelle et l'interaction électromagnétique. L'électromagnétique existe entre des particules qui possèdent une charge électrique. Comme il n'y a pas de quasars dans notre Système solaire, et qu'en général il n'y en a pas même à quelques milliers d'années-lumière de nous, nous ne considérons pas l'électromagnétisme. On pourrait, bien sûr, considérer par exemple une ligne de chemin de fer ou l'électricité domestique, mais les astrologues sont clairement incapables de calculer l'influence des câbles électriques sur une personne. Nous écartons donc l'électromagnétisme et passons à la dernière force : la gravitation. D'ailleurs, la gravitation est une force plus faible que l'électromagnétisme (cela, simplement pour la culture générale). Pourtant, si les astrologues « peuvent » calculer l'influence de l'attraction, alors ils pourraient probablement aussi celle des forces électromagnétiques, puisqu'elle est plus forte et influence les gens plus fortement. Mais il est peu probable qu'ils sachent quoi que ce soit là-dessus, car pour eux 2+2 = 3. Donc, la gravitation, connue de beaucoup comme la force d'attraction. Oui, oui, c'est cette force même à cause de laquelle vous atterrissez sur la Terre quand vous sautez, et à cause de laquelle les pommes tombent de l'arbre, elles aussi sur la Terre. On dit qu'une pomme est tombée sur la tête de Newton et qu'après cela il a découvert sa célèbre loi de la gravitation universelle. Qu'elle soit tombée ou non ne nous importe pas beaucoup. Donc, nous sommes attirés vers la Terre, et la Terre est attirée vers le Soleil (seulement, à la différence de nous, la Terre tourne en permanence à grande vitesse, et c'est précisément pour cette raison qu'elle ne tombe pas sur le Soleil, comme nous tombons sur la Terre après un saut). D'une manière générale, tous les corps possèdent une force d'attraction. Ou plutôt, la façon correcte de le dire est celle-ci : entre n'importe quels corps, on peut mesurer une force d'attraction. Il existe une formule pour cela. Elle est juste et fonctionne fidèlement depuis longtemps. Avec son aide (et, bien entendu, avec l'aide de quantité d'autres formules encore), on crée les simulations informatiques les plus précises. Nous pouvons modéliser exactement, par exemple, de combien la Lune s'éloignera de nous dans un million d'années. Et cette formule est la suivante :

Où G est ici la constante gravitationnelle, c'est-à-dire, en substance, un nombre constant, m ce sont les masses des objets (prière de ne pas les confondre avec le poids), et r est la distance entre eux (ou plutôt, la distance au carré).

Plus la masse est grande, plus l'attraction est grande. Il peut sembler que Jupiter, étant plusieurs fois plus gros et plus lourd que la Terre, « interagit » avec nous très fortement, mais la formule dit aussi que plus les objets qui s'attirent sont éloignés l'un de l'autre, plus l'attraction est faible. À cause de la distance incroyablement énorme jusqu'à cette planète, la force d'attraction et, par conséquent, l'influence sur les gens depuis la Terre sont tout à fait négligeables. Elle est proche de zéro ! Et ici, il n'importe même pas du tout quand et où naît une personne : la position de Jupiter par rapport à la Terre ne pourra jamais, de toute une vie, dépasser l'influence d'un fer à repasser ou d'une chaise de bureau qui se trouve à côté, ou d'un voisin passé devant la fenêtre. En substance, il n'existe pas d'instruments ni d'ordinateurs qui pourraient enregistrer cette mystérieuse « force astrologique d'attraction et d'interaction ». Et s'il n'y en a pas, alors elle n'existe pas non plus. On peut en dire autant de Mars : même s'il est nettement plus proche de nous, il est beaucoup plus petit. Bien plus, on peut dire qu'une automobile dans la rue voisine vous attire vers elle bien plus fortement que Jupiter ou Mars. La masse de l'automobile est, bien sûr, beaucoup plus petite que celle du « roi des planètes », mais l'automobile est plus proche.

Ce n'est pas pour rien qu'après l'exemple de Jupiter j'ai écrit qu'il n'y a pas d'instruments capables d'enregistrer la force d'attraction, et donc qu'il n'y a pas non plus de force. Bien sûr, les astrologues vont maintenant se mettre à défendre leur « science » et diront qu'on n'a tout simplement pas inventé un tel équipement. Mais je m'empresse de vous décevoir : vous ne pouvez même pas vous représenter les capacités des appareils modernes. Par exemple, ils sont capables de savoir qu'à chaque seconde des billions de particules de neutrino traversent une personne (et la Terre aussi) à des vitesses proches de celle de la lumière, sans influencer en rien la personne ni interagir avec elle. Ou imaginez que vous naviguez sur un navire à travers l'océan, et que la côte est à 1500 km. Sur cette côte se dresse un phare avec une lampe vive, ou plus justement un projecteur. Et devant ce projecteur volent des moustiques. Eh bien, grâce aux technologies, vous pouvez parfaitement les distinguer. Le phare n'éblouira pas du tout les moustiques, et vous pouvez les voir tout en étant loin de la côte. C'est précisément cette sensibilité qu'a le coronographe (un instrument spécial) du télescope Nancy Grace Roman. Les instruments spatiaux modernes, et plus encore associés à des réseaux de neurones et à des modèles mathématiques, sont capables de faire de véritables miracles dans l'étude du cosmos, des miracles que vous ne pouvez même pas imaginer. Et croyez-moi, les scientifiques en savent plus sur le cosmos que vous ne pouvez vous le figurer, et l'on pourrait encore longtemps continuer sur les façons intéressantes d'étudier le cosmos : de l'analyse spectrale, qui permet de connaître la composition chimique d'un corps céleste situé à des billions de kilomètres de nous, jusqu'à l'utilisation de galaxies entières comme d'énormes loupes pour l'étude du cosmos lointain.

Mais y a-t-il quelque chose qui n'a pas encore été étudié dans le cosmos ? En réalité, oui. Par exemple, la matière noire et l'énergie noire. Mais il ne faut pas, sous ces termes (surtout sous celui d'énergie), entendre quelque chose de mystérieux et nourrir des illusions : ce sont simplement les noms de termes qui répondent de l'expansion constante de l'Univers, et la matière noire, de son côté, de cette masse manquante grâce à laquelle la formation des galaxies et des amas galactiques est en principe possible dans l'Univers.

Ne passons pas à côté de la Lune et parlons d'elle. Est-elle capable de nous influencer d'une façon ou d'une autre ? Posons-nous d'abord une question logique : comment exactement la Lune pourrait-elle, ne serait-ce qu'en théorie, nous influencer ? Premièrement, l'augmentation de la lumière lunaire lors des pleines lunes ; deuxièmement, les forces de marée : ici, au moins en partie, les forces gravitationnelles fonctionnent. En parlant de la lumière lunaire, il n'existe à ce jour aucune preuve claire et incontestable de son influence. Quelqu'un écrira peut-être que le nombre de meurtres ou d'autres crimes augmente, mais cela tient très probablement au fait que, lors de tel ou tel événement (aussi bien bon que mauvais), les gens sont enclins à construire des associations. Les associations lors d'une pleine lune sont toujours plus faciles à construire que lors d'une lune vide. Vous avez regardé le ciel, et la première chose que vous voyez la nuit, c'est une grande Lune. Dès lors, peut-être penserez-vous que cela a influencé les choses d'une façon ou d'une autre. Mais lors d'un événement exactement semblable en l'absence de Lune, vous aurez d'autres associations. La lumière n'y est donc pour rien. Avec la gravitation, les choses sont un peu plus intéressantes. La Lune est capable de provoquer des marées, c'est-à-dire d'influencer l'eau, et l'être humain est constitué à 80 pour cent d'eau, diront les conspirationnistes. En principe, c'est vrai, sauf que les marées fonctionnent sur des distances super-énormes, sur les mers et les océans, c'est-à-dire dans un système d'eau unique et réuni : l'océan mondial. Avez-vous jamais vu des marées sur un étang ou une flaque ? Non ? Moi non plus ! Un être humain, c'est cette même flaque par le volume d'eau, il ne faut donc pas mêler la Lune à cela. Elle n'influence pas les gens.

https://youtube.com/shorts/O27PMa-2gIc?feature=share

(L'influence de la Lune sur les marées)

Pour poursuivre le thème de l'étude du cosmos, il faut comprendre en général que notre Système solaire est en réalité étudié en long et en large. Oui, il reste encore pas mal d'énigmes dans le cosmos dans son ensemble, mais toutes, en règle générale, sont liées à une partie plus lointaine du cosmos. Oui, peut-être qu'en ce moment même nous ne savons pas s'il y a la moindre vie sous l'eau sur Europe (satellite de Jupiter), et nous ne savons même pas avec certitude s'il y en a eu autrefois sur Mars, mais ce sont là des problèmes strictement locaux. Or les fondements de l'astrologie et des « prédictions » ne se construisent pas sur de lointaines galaxies et des trous noirs, mais sur nos planètes familières, et celles-ci sont bien étudiées.

Lorsque j'ai indiqué plus haut de nombreux objets de notre ciel, de la Lune et de Mars jusqu'à Jupiter, je n'ai volontairement rien dit de notre Soleil. Et j'espère que vous comprendrez maintenant pourquoi. Essayons d'abord de résoudre une énigme. Supposons que nous ayons une balance. Une balance de mesure d'une taille énorme. Nous prenons tout ce qu'il y a dans notre Système solaire. Sur un plateau de la balance nous posons le Soleil lui-même, et sur l'autre, tout ce qui reste. Et c'est : les planètes (Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune), leurs satellites/lunes (si la Terre a une Lune, Jupiter en a 67, Saturne 63, Uranus 27, Neptune 14 et Mars 2), les planètes naines (Pluton, Éris, Cérès, Makémaké, Hauméa), tous les objets transneptuniens (par exemple Sedna), tous les astéroïdes, les météoroïdes, les comètes et la poussière cosmique. Et maintenant la question : qu'est-ce qui est le plus lourd, le Soleil ou tout le reste pris ensemble ? Le Soleil est plus lourd. Voulez-vous savoir de combien ? Le Soleil occupe 99,866 % de la masse de tout le Système solaire. C'est-à-dire que tout ce qui se trouvait sur l'autre plateau de la balance n'occupe que 0,134 % de la masse du Système solaire. Oui, oui, les amis, votre Mercure rétrograde est là aussi. Votre Mars, Jupiter, Uranus et tout le reste du « délire » sur lequel vous tirez les cartes sont là aussi. À propos de Mercure, d'ailleurs. Il y a un satellite de Saturne, Titan, qui est plus gros que Mercure, mais pour une raison quelconque vous ne le prenez pas en compte dans l'analyse. Ou, par exemple, un satellite de Jupiter, Ganymède : il est encore plus gros, mais il ne participe pas non plus aux prévisions. Et savez-vous pourquoi ? Parce qu'il y a 10 siècles, lorsque l'astrologie et l'astronomie étaient une seule science, ces objets n'avaient tout simplement pas été découverts. C'est pourquoi, depuis lors, l'astronomie a fait un grand pas en avant et distingue maintenant des moustiques sur le fond d'un projecteur brillant, loin sur la côte, tandis que l'astrologie continue d'utiliser des bases médiévales. Bon, au moins vous ne brûlez pas les sorcières sur le bûcher.

Alors, de quoi est-ce que je parlais ? Ah, oui ! Le Soleil est un objet incroyablement lourd par rapport aux autres planètes, si loin de nous soit-il. Un photon (un rayon/une particule, appelez cela comme cela vous arrange) de lumière met 8 minutes entières à voler du Soleil à la Terre, et néanmoins le Soleil exerce sur nous une influence énorme. Et je ne parle même pas maintenant des orages magnétiques, mais en général du rôle du Soleil dans notre vie. S'il disparaissait brusquement, nous le découvririons déjà au bout de 8 minutes, et notre planète commencerait à geler. À la fin, tout ce qui est vivant périrait de froid. Et si le Soleil disparaissait à cause d'une explosion soudaine, tout ce qui est vivant périrait exactement de la même façon, mais encore plus vite que de froid. C'est donc le seul objet du Système solaire qui nous influence et dont notre vie dépend entièrement. Et notez : dans la liste des objets qui influencent, il n'y a pas les planètes Neptune, Mars, Jupiter ou Mercure, ni les étoiles lointaines.

Il y a un livre remarquable de Sergueï Yazev, qui s'y connaît en physique et en astronomie bien mieux que moi, puisque c'est sa spécialisation, sur laquelle il a travaillé de longues années, et non un simple « astronome-physicien amateur » comme moi, qui, déjà après l'école, étudie activement le cosmos au niveau amateur depuis 15 ans. Néanmoins, j'espère vous avoir tout à fait convaincu, et sinon, lisez absolument ce livre. Il s'appelle, d'ailleurs, « Les mythes du siècle passé ». Je le recommande très fortement ; vous ne le regretterez pas. Premièrement, il n'y est pas seulement question d'astrologie, mais aussi d'ovnis, de Nostradamus, de guérisseurs de l'eau et d'autres erreurs intéressantes. Deuxièmement, sur cette même astrologie, il a un cinquième du livre sous forme d'exemples logiques et de preuves. Et tout cela est exposé dans une langue tout à fait compréhensible. La seule chose dont vous avez besoin, c'est de la logique, mais même si vous ne l'avez pas, Sergueï vous aidera aussi pour cela. Bref, si l'on m'avait demandé d'écrire un livre scientifique sur les pseudosciences, j'aurais écrit quelque chose de semblable, bien sûr avec bien moins d'exemples. Des gens intelligents l'ont donc déjà fait pour moi, et il sera juste de recommander ce livre.

Jusqu'ici nous avons très longtemps discuté de la branche de l'astrologie liée à l'influence des astres. Mais parlons un peu des destins des gens. Ici, il est important de distinguer d'emblée clairement deux choses qui ne sont en rien liées entre elles. Des événements particuliers dans la vie des gens, ou de toute la population de la Terre, peuvent réellement influencer le caractère et les capacités physiques d'une personne : vous comprendrez un peu plus loin de quoi je parle, à partir d'exemples réels. Et la seconde chose, qu'il ne faut pas tisser dans les caractères et les compétences physiques qui se forment chez les gens, ce sont n'importe quels corps célestes et l'idée qu'ils puissent influencer d'une façon ou d'une autre les destins des gens. D'ailleurs, les étoiles des constellations du ciel nocturne qui nous sont bien connues n'existent peut-être même plus aujourd'hui, puisque nous observons le passé du ciel étoilé, qui date de milliers et de millions d'années, parce que la lumière des étoiles met précisément autant d'années à nous parvenir (voici encore un bref fait à étudier). C'est-à-dire que si, près de l'une des étoiles de notre galaxie, il y avait une civilisation développée qui regarderait en ce moment dans un télescope surpuissant, elle verrait des mammouths ou des dinosaures marcher sur la Terre, et non des gens. Puisqu'eux, tout comme nous, observent le passé du cosmos, car la lumière qui est parvenue à leurs télescopes a voyagé pendant des milliers ou des millions d'années et est partie de la Terre quand des mammouths couraient encore ici. Autrement dit, ce que je voulais dire, c'est qu'une étoile centrale de la constellation des Poissons a peut-être péri depuis longtemps, et qu'en fait la constellation elle-même n'existe déjà plus. J'ai pris la constellation des Poissons uniquement comme exemple, car il y a des étoiles relativement proches de nous, par exemple le système triple Alpha du Centaure, à seulement 4,5 années-lumière de nous, mais il y a aussi des étoiles très lointaines. Et en outre, en étudiant le cosmos, les scientifiques n'opèrent pas avec les notions de constellations. Ils comprennent mieux que quiconque que c'est un délire, et ils donnent aux étoiles des noms clairs sous forme de lettres et de chiffres. Souvent, l'année de la découverte de l'objet est présente dans le nom. Ainsi, au lieu de « la troisième étoile de la constellation de la Vierge », ils diraient quelque chose comme JK-023-SP-11, ou bien le nom d'une planète en l'honneur d'étoiles proches, par exemple Kepler-186 f (c'est, d'ailleurs, un nom réel). Une fois de plus je suis parti vers le cosmos, mais je voulais seulement montrer que ni les objets du Système solaire, ni encore moins les étoiles des constellations de l'horoscope, qui se trouvent encore plus loin que nos planètes et le Soleil, ne nous influencent en rien. Bien plus, certaines étoiles ne sont peut-être déjà plus en vie.

Au début du paragraphe précédent, j'ai décrit que certains événements peuvent influencer le caractère, la santé et les capacités physiques des gens, et j'ai promis de donner des exemples. Eh bien, faisons ainsi. Au début, ces exemples parleront peut-être en faveur de l'astrologie. Mais même eux s'expliquent tout à fait facilement. Dans tous les exemples, pour m'épargner des forces, je me référerai à trois auteurs différents et à des histoires tout à fait différentes dans différentes parties de la Terre.

1) Le premier cas, je l'ai pris dans mon livre préféré, que vous connaissez déjà par ce chapitre. Sergueï Yazev, « Les mythes du siècle passé ». Il sera question de personnes (des soldats) nées à des mois différents. « En étudiant les données des questionnaires de 21000 Néo-Zélandais mobilisés pendant la Seconde Guerre mondiale, le démographe anglais Fait, à la fin des années 1980, a découvert une régularité curieuse. Les hommes les plus grands (et les questionnaires enregistraient la taille et le poids des recrues) naissaient, en règle générale, en janvier, les plus petits en juin. En décembre naissaient d'ordinaire les plus gros, en juin les plus maigres. Et ce n'étaient pas seulement la taille et le poids qui différaient : on a mis en évidence des différences dans la taille des organes, la vitesse de réaction et certains indicateurs biochimiques. Pour parler le langage de l'astrologie, nous pouvons dire : les gens nés sous le signe, par exemple, du Capricorne différaient au sens indiqué des gens nés sous le signe, par exemple, des Gémeaux… »

2) Et ici je me tournerai vers le livre d'Alekseï Markov, « La grenouille, l'éléphant et le brocoli », et il sera question de sportifs nés à des mois différents. « Mais il y a quelque chose d'intéressant. J'ai été frappé par une prophétie autoréalisatrice au sujet des hockeyeurs canadiens. L'auteur a remarqué que les anniversaires des joueurs professionnels sont fortement biaisés vers janvier-février et en partie mars. »

Ainsi, les deux exemples viennent de lieux géographiques différents et d'époques différentes. Il peut sembler qu'il existe un lien avec l'influence sur les gens nés à des mois différents. Mais en réalité, ici, aucune astrologie n'est nécessaire, et encore moins l'influence des étoiles. Une fois de plus, la logique, le bon sens et un peu de statistique suffisent.

L'explication du premier cas est assez simple. Elle tient au fait qu'à différentes périodes de l'année la mère reçoit une quantité différente de vitamines et, dans l'ensemble, une alimentation plus correcte. Et cela signifie que, lorsque la mère est enceinte et porte l'enfant à un moment où son alimentation est moins bonne, il existe une probabilité que l'enfant aussi soit un peu moins en bonne santé par rapport à ce qu'il aurait été si elle s'était nourrie de façon idéale pendant la saison des fruits et des légumes. La mauvaise alimentation de la mère peut même se répercuter sur la taille de l'enfant. Mais ce n'est pas le pire, car après le deuxième exemple je donnerai encore un exemple sur l'alimentation.

L'explication du second cas est elle aussi fort simple. Et non, cela ne veut pas dire que les garçons nés en janvier et en février sont plus solides. Dommage, d'ailleurs, puisque je suis né en janvier, et que je ne me plains pas de ma santé non plus. L'explication de ce phénomène, je la confie également à l'auteur du livre. En substance, c'est simplement la suite de la pensée. « Comment se fait la croissance de la maîtrise des hockeyeurs ? L'entraîneur choisit les meilleurs, les prend dans l'équipe, ils jouent davantage, s'entraînent davantage, passent dans la ligue suivante et reçoivent des entraîneurs plus forts, s'entraînent davantage, jouent davantage... et ainsi de suite. Vers 13-14 ans, les camarades "moins doués" ne peuvent déjà plus rivaliser avec eux, quels que soient leurs efforts. Mais les "talents" n'ont pas été choisis parce qu'ils jouaient mieux, mais parce qu'ils étaient plus âgés ! Quand l'un a 6 ans et 1 mois, et l'autre 6 ans et 11 mois, il y aura entre eux une différence de coordination, de force et d'endurance, uniquement du fait de l'âge. » On peut ainsi observer qu'ici aussi tout est assez banal et s'explique simplement.

Et le troisième exemple, je le prendrai dans le livre de Robert Sapolsky, « La psychologie du stress ». Il sera question de l'année 1944, connue aux Pays-Bas comme l'hiver de la faim. « Tout l'hiver, les Néerlandais ont eu faim. Les gens consommaient moins de mille calories par jour, ont été contraints de se nourrir de bulbes de tulipe, et 16 mille personnes sont mortes de faim. Les embryons qui, cet hiver-là, s'occupaient de programmer leur métabolisme ont reçu, pour toute la vie qui a suivi, de cruelles leçons sur la disponibilité de la nourriture. En résultat, un demi-siècle plus tard est apparu un grand groupe de personnes au métabolisme "économe" et à haut risque de syndrome métabolique. Apparemment, divers aspects du métabolisme et de la physiologie sont programmés à différentes étapes du développement embryonnaire. Si pendant la famine vous étiez un embryon du premier trimestre, cela vous programme pour des maladies du cœur, l'obésité et un niveau de cholestérol malsain, et si vous étiez un embryon du deuxième ou du troisième trimestre, cela vous programme pour un risque accru de diabète. » Dans ce cas, nous voyons que ce ne sont pas seulement les enfants nés à certains mois qui présentent des différences, mais même des générations entières.

Dans les trois cas, cela influence-t-il d'une façon ou d'une autre leur destin et leurs horoscopes ? Bien sûr que non. Peut-être quelqu'un est-il né plus grand, quelqu'un plus petit, quelqu'un en meilleure santé, quelqu'un en moins bonne. Toutes ces personnes ont reçu une éducation, et leur caractère s'est formé sur la base du milieu dans lequel elles ont grandi (famille + maternelle + école + ensuite le travail), en combinaison avec des particularités génétiques préprogrammées héritées des parents. Mais aucunes étoiles ni aucuns horoscopes n'ont influencé ni n'influencent leurs destins. Le plus intéressant, c'est que mes amis et connaissances auxquels je suis abonné sur Instagram, et qui parfois, que ce soit pour plaisanter ou non, publient des posts et des stories sur l'astrologie et les horoscopes, sont des gens seuls. Et dans la vie, on ne peut pas dire non plus qu'ils aient beaucoup réussi. Par conséquent, connaître l'astrologie et s'orienter d'après elle n'améliore pas leur vie. Bien plus, ils manquent beaucoup d'occasions, aussi bien au travail que dans leur vie personnelle, puisqu'ils attendent une période favorable du point de vue de l'astrologie.

Il est temps de conclure ce chapitre, car il est déjà devenu énorme par rapport aux autres.

Si une personne croit aux horoscopes et à l'astrologie, c'est une personne assez dangereuse. Comme nous l'avons établi plus tôt, il lui manque la logique et des connaissances dans les sciences de base (au XXIe siècle, je considère quand même comme obligatoire de comprendre les lois fondamentales de la physique selon lesquelles fonctionne le monde dans lequel nous vivons). Vous ne savez pas quoi d'autre on peut attendre de cette personne, ni où elle peut se planter, comme ce même enfant de la maternelle qui ne sait pas encore que 2 + 2 = 4. Une telle personne est facile à induire en erreur, et ce à quoi cela peut mener, Alexandre Pantchine l'a parfaitement montré dans son livre « Apophénie ».

L'astrologie, malheureusement, laisse une énorme trace sur la vie de beaucoup de gens. Une simple pseudoscience, mais capable de suggestionner et de zombifier des millions. Quelqu'un ne se marie pas, quelqu'un tarde à demander une augmentation, ne fait pas les choses importantes, etc. Et pourtant tout cela n'est pas vrai.

Je ne vais pas exposer ici tous les arguments selon lesquels c'est une pseudoscience, car il y en a plein dans le livre que j'ai recommandé. En outre, si vous êtes un « platiste », alors plus personne ne peut vous aider. Mais si la suite de ce sujet vous intéresse ne serait-ce qu'un peu, « Les mythes du siècle passé » est pour vous.

Pour clore le chapitre, je répète la conclusion principale de tout ce que vous avez lu plus haut : ne croyez pas à l'astrologie, ne croyez pas aux horoscopes, et ne vous laissez pas duper par les « astrologues » et leurs « prédictions ». Vous avez vous-même le droit de décider quand faire quelque chose et quoi faire, et pour cela vous n'avez besoin de la permission d'aucunes étoiles. Il n'y aura pas de meilleur moment que maintenant !

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