À en juger par le titre du livre précédent, on aurait pu croire qu'il convenait surtout aux humanistes (bien que ce ne soit pas tout à fait vrai). Cependant, ce sont précisément les humanistes qui rencontrent le plus souvent des difficultés avec leur vision du monde, leur système de valeurs et, par conséquent, avec la définition d'objectifs — en grande partie à cause d'une perception faussée du monde qui les entoure.
Il convient d'expliquer plus en détail pourquoi je parle d'humanistes et non de personnes à profil technique. Premièrement, les humanistes (écrivains, philosophes, psychologues) placent souvent l'homme au centre de l'univers entier. C'est fondamentalement faux, et toute personne un tant soit peu technique peut le prouver. Il suffit de se rappeler combien de galaxies il y a dans l'univers, combien d'étoiles dans chacune, combien de planètes et de satellites gravitent autour de ces étoiles. On peut citer au moins l'équation de Drake, parler de l'âge de l'univers, de la minuscule durée pendant laquelle l'homme y existe, et de l'existence d'une quatrième dimension — le temps, qui se comporte différemment des coordonnées spatiales auxquelles nous sommes habitués. La question « où existe la vie intelligente ? » est en soi incorrecte, car « où » doit toujours s'accompagner de « quand ».
Deuxièmement, l'idée de la centralité de l'homme dans le cosmos engendre de nombreuses illusions sur la prétendue unicité et la grandeur de l'humanité. Les gens commencent à croire en la religion, à ajuster leurs plans aux fêtes religieuses, au lieu de s'appuyer sur le bon sens et les données scientifiques.
Troisièmement, une seule religion ne serait peut-être pas si grave, mais dans ce même mysticisme les gens entrelacent toute une foule de pseudosciences — astrologie, numérologie et autres « logies » rejetées depuis longtemps par la science moderne. Dans un monde plein de cruauté et de déception, ces personnes cherchent toujours quelque chose de mystérieux et d'énigmatique et admettent l'existence de forces extérieures et invisibles capables de nous influencer. Leur principal argument est que la science n'a simplement pas encore découvert cette force et ne peut pas la détecter. En réalité, ce n'est pas du tout vrai, et dans le livre précédent j'ai décrit en plusieurs chapitres ce dont la science moderne est capable, et dissipé certaines pseudosciences en détail.
Quatrièmement (plutôt comme conséquence déjà), de telles superstitions, peurs et un manque élémentaire d'éducation dans la compréhension du monde amènent les gens à dépenser leur énergie, leur temps et leur argent de toutes les mauvaises façons. Ils s'adaptent à un jour « favorable » du point de vue astrologique, restent célibataires pendant des décennies à la recherche d'un partenaire « compatible », paient des marathons de vœux fondés sur des « promesses de l'univers », et commettent bien d'autres actes absurdes. Au lieu d'écarter tout ce qui est imaginaire, de libérer de l'espace dans leur tête pour quelque chose de réel et d'agir sans perdre temps ni ressources, les gens tirent les cartes de Tarot, s'enthousiasment pour la numérologie et « communiquent » avec l'Univers.
Dans le premier livre, j'ai tenté de rendre les humanistes au moins un peu plus systématiques et organisés. Nous avons rigoureusement ordonné notre vie : divisé le temps clairement, déterminé quoi sauvegarder et à quelle fréquence, comment tenir des backlogs et lesquels ils doivent être (je vous rappelle : financiers et temporels), quels types de tâches existent (je vous rappelle : consommatrices et génératrices, ainsi que mentales et physiques), et avons aussi tenté d'appliquer la pensée probabiliste dans la planification à l'aide de l'approche bayésienne. Tout cela s'accompagnait de nombreuses références à d'autres livres de psychologie, médecine et développement personnel d'auteurs très divers, parmi lesquels figurent de nombreuses personnalités connues et lauréats de prix internationaux.
On peut dire sans crainte que ce livre conviendra aussi bien aux humanistes qu'aux personnes à profil technique. Bien sûr, à condition que les humanistes ne croient pas en l'astrologie, ne formulent pas de vœux le soir du Nouvel An, ne souffrent pas de superstitions ni de nombreux autres « si » dont vous avez lu dans le premier livre. Quant à l'âge, ce livre sera utile aussi bien aux adolescents qui commencent tout juste leur vie indépendante qu'aux personnes expérimentées de plus de 40 ans qui souhaitent changer leur vie en mieux en y ajoutant plus de système et d'organisation.