Avant tout, clarifions ce que j'entends par pureté de planification. La pureté de planification dans ma compréhension, c'est une planification claire et idéale dans laquelle les tâches du trimestre s'imbriquent très régulièrement dans les mois, celles-ci à leur tour dans les semaines, et celles-ci déjà dans les jours. Toutes les tâches sont accomplies et clôturées à temps, et il n'y a ni queues ni reports.
Maintenir la pureté de planification est très difficile et loin d'être toujours nécessaire. Plus on descend vers la mise en œuvre, plus de notes brouillonnes peuvent apparaître. On n'y échappe pas — telle est la réalité de la vie : il apparaîtra toujours quelque chose de spontané qui influera sur les tâches actuelles de la semaine ou, dans certains cas, même sur les tâches (objectifs) des sprints.
L'absence de pureté de planification peut aussi se manifester au niveau supérieur. Par exemple, en planifiant un trimestre je peux voir qu'une tâche donnée ne rentre vraisemblablement pas ou, disons, n'est peut-être pas si importante maintenant. Dans ce cas, en répartissant les tâches par mois, cette tâche peut encore « flotter dans les airs » quelques jours jusqu'à l'« approbation » précise du trimestre. Ainsi j'ai le temps de réfléchir où la caser et s'il faut la caser quelque part, ou peut-être que je n'ai pas besoin de le faire maintenant. Ou, par exemple, il y a eu des situations où je n'ai pas du tout réussi à accomplir une tâche en un mois, et alors elle a été reportée au mois suivant, ou pire — mise temporairement en pause, et je ne l'ai terminée qu'un mois plus tard.
Peut-être la pureté de planification peut-elle être atteinte si, en planifiant l'année, on ne se fixe qu'un couple d'objectifs, mais avec un grand nombre (comme moi) il est difficile de parler de planification idéale. Il s'agit plutôt de planification situationnelle, de permutations constantes de tâches aux niveaux inférieurs, ainsi que de pauses temporaires ou de reports aux niveaux supérieurs. D'autre part, bien que j'aie écrit qu'il ne faut pas viser la planification idéale, il ne faut pas non plus semer le chaos dans les objectifs et tâches que vous avez tracés pour l'année. S'il s'agit d'ajustements et de remaniements d'objectifs et de tâches, au niveau supérieur de planification je recommanderais de se limiter à 5–7 % d'ajustements d'objectifs, et au niveau inférieur — 7–10 % des tâches prévues pour l'intervalle choisi.